Témoignage : Perdre le Nord, ça arrive parfois encore

Perdre le Nord, ça arrive parfois encore. Avoir une tête comme la mienne, c’est facile de perdre le Nord, et encore plus lorsque deux commotions sont venues « shaker » cette gibelotte. Les symptômes sont évidents, mais disons qu’ils sont peut-être accentués par l’anxiété qui est venue s’en mêler.

Anxieux, moi? Ben oui! Tout être humain l’est un brin, mais dans mon cas, mon cerveau manque de quelque chose. On parle d’une activation plus faible du cortex préfrontal… Ne vous en faites pas, c’est du charabia pour moi aussi, mais mon médecin m’a fait comprendre que je devais prendre des suppléments, des pilules « magiques », pour calibrer le tout. Jusque-là, ça va… J’ai accepté les pilules. J’ai accepté que j’étais différent, et j’dois dire que je vis très bien avec ça. L’anxiété est désormais mon ami.

Par contre, si je ralentis les médicaments et que je me convaincs qu’ils ne fonctionnent pas, c’est là que ça dérape peut-être un peu. C’est à ce moment que ma boussole du bonheur commence à tourner à pleine allure en cherchant son Nord.

Comment faire pour rétablir le tout?

Écrire un texte comme celui-ci aide à saisir beaucoup de choses. Pour un non anxieux, tout ce brouhaha est bizarre et absolument incompréhensible. Mais pour un individu atteint de cette maladie, c’est réel. Les gens « normaux » ne peuvent pas comprendre s’ils ne s’y attardent pas. Enfin, tout ça pour indiquer que plusieurs choses se sont bousculées lors des derniers mois. Comme vous le savez, après quatre années à la tête de Passion MLB, j’ai passé le flambeau (mes parts du gâteau) à Charles-Alexis Brisebois. J’suis très à l’aise avec cette décision, je le répète une fois de plus.

J’aime le baseball, mais je n’avais plus le goût de m’y investir autant. Pour diverses raisons, comme celle de redevenir simplement un amateur à temps partiel. Ça me rend bien et ça m’enlève beaucoup de pression. 162 matchs par année, c’est énorme. Puis, pour être le meilleur, ça devenait « trop » pour moi de suivre cette cadence jour après jour.

Un gars de projets

Après cette vente, je me suis dit que je devais prendre du temps pour moi, que je devais ralentir, me calmer et enfiler mes pantoufles un peu plus souvent. Toutefois, j’suis un gars de projets, mais encore là, je m’disais que le prochain devait être « soft », pour ne pas retomber dans un gros tourbillon. L’idée m’est venue de lancer Passion Relève avec mon ami Christian Matte. Un site où nous couvrons les espoirs de demain (dans le hockey). Vous commencez certes à réaliser que j’étais en train de perdre MON Nord, mon X.

Oui, je suis sur mon X avec mon emploi chez DansLesCoulisses.com, sauf que, dans mes projets personnels, je n’y étais plus. J’ai bougé de case. Passion Relève, pourquoi? Pour avoir un petit projet qui n’est pas lourd. Néanmoins, avec le recul et le hamster qui trotte beaucoup dans mon coco depuis quelque temps, c’est devenu lourd. J’suis incapable de m’impliquer, ce qui fait en sorte que je me mens à moi-même. Je ne suis plus là. J’ai déjà goûté à ce type de projet y’a 7 ou 8 ans et je m’aperçois que c’est justement du passé.

Aujourd’hui, je m’aperçois aussi que j’ai perdu des tribunes, comme le 91,9 Sports, Unique FM ou CFLO à cause de cet éloignement du baseball. J’vis bien avec ça. Je crois sincèrement que j’ai accompli ce que je souhaitais avec ce projet. J’en profite pour remercier Unique FM et CFLO qui ont décidé de poursuivre l’aventure avec moi, mais dans un volet « portrait des espoirs (avec Passion relève) »… Après quelques chroniques, je me suis mis à les repousser évoquant toute sorte de raisons, mais en réalité, ça ne m’allumait pas du tout de jaser « espoirs ».

Témoignage : Perdre le Nord, ça arrive parfois encore
Photo : Samuel Beaudoin

Après la vente de mon bébé, Passion MLB, il faut avouer que je cherchais à combler un manque. Le problème, c’est que ma priorité était de combler celui-ci avec un « petit » projet pour ne pas me brûler. Cependant, est-ce une solution? Non. C’est la réponse que mon mentor me servirait. Jadis, avant d’œuvrer dans le domaine des médias, j’étais dans l’automobile, dans la vente. Un jour, je trouvais ça « trop » lourd et j’ai opté pour un travail plus casanier. J’ai demandé un transfert aux pièces automobiles, ce qui incluait un horaire « normal », donc moins lourd. Mais… ça n’a pas fonctionné longtemps.

J’reste un performant et je m’éloignais d’une de mes valeurs : être dans l’action. Un gros projet me tient groundé, il me tient vivant. Quand ils sont trop petits ou qu’ils servent à boucher un trou, je finis par m’endormir. Par m’éloigner. Je finis par perdre la flamme qui m’anime, celle de la passion qui fait en sorte que je défonce les défensives adverses pour me rendre dans la zone payante.

Enseigner

Oui, je veux passer du temps en famille, mais perdre ce Jeff-là, ça ne me rapproche pas autant que je croyais puisque je ne suis pas aussi sharp. Est-ce que tout le monde me suit, jusqu’ici? Récemment, j’ai décidé d’être un Grand frère afin de passer du temps de qualité avec un Petit frère. Lui enseigner, le guider, le coacher et l’inspirer. Lorsque je coache les kids au baseball, je leur apprends à ne pas abandonner, à aller jusqu’au bout, à affronter l’adversité, à jouer avec énergie et passion, à devenir disciplinés, à se dépasser, à grandir comme humain et comme leader. Bref, je me considère comme un excellent pédagogue. Un excellent enseignant. Mais… en ce moment, en m’éloignant de moi-même, je m’éloigne de mes conseils. J’me dois de revenir à la base. De retrouver mon Nord, mon « X ».

À la base, ce qui me passionne, ce sont les grands discours, le leadership, le caractère, le désir de vaincre, les stratégies et l’enseignement. Ces facettes m’ont donc rapproché solidement du football, ce qui m’a permis de, tranquillement, retrouver mon Nord. Parce que, dans ce grand sport, toutes les facettes qui me passionnent s’y retrouvent. Ce qui donne un effet très «WOW».

En résumé, en redevenant constant avec ma médicamentation, en arrêtant de me convaincre que j’dois arrêter ou ralentir les projets qui au final me permettent de «vivre» à fond (défoncer les barrières), en recommençant à courir et en restant honnête avec moi-même, le gars intense et passionné que j’suis refera surface sans aucun doute. T’sais, la meilleure version de moi-même qui me rend si fier.

Témoignage : Perdre le Nord, ça arrive parfois encore
Photo : Alexandra Philibert – La Rouquine Communications

Attachez vos tuques, vous allez entendre parler de moi à nouveau dans les prochains jours, avec mon nouveau dada Dans le salon du Grinder… et un autre en construction avec mon camarade Renaud Bourbonnais. C’est dans l’action que l’on obtient des résultats.

*J’avais aussi presque perdu mon Nord il y a deux ans en fondant Passion NBA pour camoufler une crise d’angoisse en lien avec le baseball mineur. Passion NBA n’aura duré que huit jours avant que je me ressaisisse. On peut également appeler ces types de situations, des essais/erreurs pour mieux se positionner par la suite. Voyons-le ainsi.

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