Anxiété

Défaut de programmation

T’aurais beau vouloir expliquer ça avec des mots, y en a pas un qui ressent ce qui se passe en dedans. Faudrait extraire chaque sentiment, émotion par émotion. Les enregistrer sur un disque dur, que ça se transforme en images, et qu’on en fasse un film. Le problème, c’est que plus personne ne dormirait de la nuit. Parce qu’être pogné avec un trouble anxieux (TAG pour les intimes), avoir cette étiquette-là collée dans le front, ça fait peur en chien! Et pas juste pour ceux qui le vivent. Pour la famille, les amis, le conjoint… c’est carrément effrayant. Et la plupart du temps, les gens «normaux» ont la réplique rassurante facile; Tu paniques pour rien. Respiiire!

Eille, je le sais que y a aucun danger potentiel à l’horizon… mais ce qui se passe en dedans me fait craindre le pire quand même!!! Ça brûle, j’en tremble, pis ça fait mal. Y a pas de remède miracle, sinon que d’écouter ce que je suis en train de t’avouer. Parce qu’admettre qu’on a peur d’être heureux, c’est pas si facile. Te dire dans le blanc des yeux que j’ai peur d’avoir peur, c’est angoissant. T’expliquer la boule de ciment que j’ai en permanence dans l’estomac, c’est inquiétant.

Tu sais, si je passe mon temps à regarder autour au lieu de t’écouter, au restaurant… c’est pas parce que je cherche les regards. C’est juste que j’ai peur du jugement. Si je te pose 1000 fois la même question, à l’endroit, à l’envers… c’est pas que je n’ai pas compris la première fois. C’est juste que je ne suis pas certaine de m’être assez bien exprimée pour que tu puisses me répondre correctement. Si je te demande de m’appeler quand tu arrives au bureau, c’est pas par manque de confiance en toi. C’est que j’ai peur que t’aies eu un accident. Y a pas vraiment d’explications pour que tu comprennes comment ça se passe dans mon ordinateur cérébral . Pour être honnête, je ne le comprends pas moi-même. Ma psy non plus, n’arrive pas trop à me décoder…

Quand le hamster se met à pédaler dans ma roulette intérieure, y a pas grand-chose à faire pour l’arrêter. En même temps, si je n’étais plus si anxieuse, est-ce que ça brûlerait mes couleurs? Ce que je suis? Tu vois, j’ai même peur de ne plus avoir peur! Ça fait que j’essaie de démêler tout ça, sans que ça fonctionne vraiment. J’avance, je recule, je fais du sur place… et puis j’espère. Je vis d’espoir, et de capsules aux pouvoirs tranquillisants. De questions, et de réflexions. Et toi, tu t’éloignes. Parce que c’est lourd, parce que c’est épuisant. Et tu sais quoi? Je te comprends tellement. Moi aussi, j’ai juste envie de m’enfuir en courant.

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